Comment partir étudier au Canada ?
Plus vaste que la Chine (9,9 millions de km2 !), mais 40 fois moins peuplé (31,5 millions d'habitants), le Canada est connu pour ses grands espaces, la rigueur de ses hivers, mais aussi pour la gentillesse de ses habitants… Il mériterait également d'être apprécié pour ses établissements d'enseignement supérieur, parfois aussi cotés que certains de leurs voisins américains, pour un coût moins élevé.
Un système d'éducation de pointe
Le Canada dépense davantage pour son système d'éducation que n'importe quel autre pays du G8 : les conditions d'études y sont d'une grande qualité et les diplômes délivrés ont acquis une notoriété internationale, et notamment dans le domaine des nouvelles technologies (informatique, télécommunications et biotechnologies), des affaires, de la santé... La majorité des institutions d'enseignement supérieur sont publiques, et, malgré leur gestion interne autonome, elles délivrent le même type de diplômes. Les 93 universités s'apparentent à bien des égards à celles des Etats-Unis : les trois " grades " qu'elles délivrent sont le Bachelor (encore appelé " Baccalauréat ", équivalent de notre licence), le Master et le PhD (doctorat). A l'image des autres pays anglo-saxons, l'enseignement canadien fonctionne sur le système de " crédits " à obtenir par année pour chaque diplôme. Chaque cours vaut un certain nombre de crédits (ou unités de valeur) selon le nombre d'heures, le travail personnel requis et la difficulté. Le Bachelor demande entre 90 et 120 crédits ; le Master en exige 30 à 45 supplémentaires, tandis que le nombre varie en doctorat selon le département d'études. Les 200 Community Colleges sont plutôt réservés à ceux qui se destinent à une formation professionnelle pointue dans les domaines du commerce, de l'industrie et de la fonction publique.
A noter : au Québec, les choses sont un peu différentes. La scolarité secondaire ne dure que 11 ans, mais les étudiants doivent passer 2 années dans un CEGEP (collège d'enseignement général et professionnalisé) avant de pouvoir s'asseoir sur les bancs d'une fac. Le diplôme qu'ils obtiennent dans ces collèges, le DEC (diplôme d'études collégiales), est le sésame pour les études supérieures québécoises.
Comment partir ?
Commencez votre recherche au moins une année avant le début des cours et procédez par étapes. Réfléchissez à la formule d'études qui vous conviendrait le mieux : pouvez-vous participer à un échange universitaire ? Combien de temps souhaitez-vous partir ? Voulez-vous décrocher un diplôme canadien ou préférez-vous simplement perfectionner votre niveau d'anglais ? Avant de vous décider, rendez-vous au bureau des relations internationales de votre établissement français afin de connaître les possibilités d'échanges (c'est tellement moins cher !). Partir dans le cadre d'un échange universitaire, c'est s'assurer de la validation de ses acquis canadiens à son retour et réduire considérablement les frais d'études. Parfois même, des accords prévoient la préparation d'un double diplôme, c'est-à -dire d'un diplôme français et d'un diplôme canadien. L'EPF, une école d'ingénieurs en cinq ans, a par exemple signé des accords d'échanges avec l'Ecole polytechnique de Montréal et l'université de Sherbrooke et propose de préparer simultanément un titre d'ingénieur français et un titre canadien.
Les programmes d'échanges
Deux grands programmes facilitent les échanges entre établissements français et canadiens : la MICEFA et la convention CREPUQ.
- La MICEFA (Mission interuniversitaire de coordination des échanges franco-américains). Ce programme lie entre autres les universités françaises de Paris 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 11, 12 et 13 et l'Institut catholique de Paris à l'université de Waterloo. Les étudiants doivent être en maîtrise et avoir obtenu au moins 250 points au TOEFL-CBT
- La convention CREPUQ (Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec) associe 200 universités ou grandes écoles françaises à 18 universités québécoises. Chaque année, 80 % des quelque 2 500 étudiants français choisissant d'aller étudier au Québec partent grâce à cet accord qui prévoit la reconnaissance des périodes d'études effectuées au Québec. Les dossiers sont à retirer à partir d'octobre auprès du service des relations internationales de votre établissement français, ou du CCIFQ (Centre de coopération interuniversitaire franco-québécoise). Remplissez-les et déposez-les avant le mois de février. La réponse vous parviendra en mai.
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CCIFQ
96, boulevard Raspail, 3e étage
75006 Paris
tél. 01.42.84.50.80, fax : 01.44.39.36.08
www.ccifq.org
Pour toute information sur les études supérieures au Canada, formulez une demande par écrit.
Partir seul
Le service des relations universitaires de l'ambassade conseille de faire sa demande d'admission au moins 3 mois avant la date limite de réception des dossiers (entre le 15 janvier et le 1er mars selon les cycles d'études et les établissements). Si vous vous y êtes cependant pris trop tard, sachez que certaines universités examinent les demandes tout au long de l'année, à mesure qu'elles les reçoivent. Les dossiers sont à renvoyer à l'Office of Admissions de l'établissement visé. Les frais de dossier sont généralement compris entre 30 € et 60 €, non remboursables.
Les tests de langue
Pour étudier au Canada, vous n'êtes pas obligé de parler l'anglais couramment. Cependant, si vous souhaitez vous inscrire dans une université anglophone, vos résultats aux tests de langue seront systématiquement exigés pour votre admission. Le TOEFL (Test of English as a Foreign Language) sera le plus souvent le meilleur gage de votre maîtrise de la langue de Shakespeare aux yeux des commissions d'admission des universités. Un minimum de 220 points (ou 560 pour le test manuel) est demandé. Mais certains établissements sont parfois plus exigeants (250 points au minimum). Renseignez-vous directement auprès de ceux qui vous intéressent. Les universités francophones ne font pas passer de tests de langue à leurs étudiants, mais attendent d'eux, à l'évidence, une compréhension minimale de l'anglais (80 % des ouvrages de la bibliographie sont rédigés dans cette langue).
Attention aux formalités d'entrée !
Les autorités canadiennes ne plaisantent pas avec l'immigration : interdiction formelle de poser les pieds sur le sol canadien sans permis de séjour. Si vous partez étudier au-delà de 6 mois, vous devez solliciter un permis de séjour temporaire pour étudiant au service d'immigration de l'ambassade, à Paris. Ce document est délivré environ 6 semaines après la demande et n'est valable que sur la période prévue et pour l'établissement désigné. Pour l'obtenir, préparez un passeport valide, l'attestation de votre acceptation dans une institution supérieure canadienne, une preuve de votre solvabilité pour la durée du séjour et les frais de dossier (125 $, soit 82 €). Vous ne pourrez pas changer de statut pendant votre séjour et, si vous souhaitez renouveler votre permis sur place, il faudra vous y prendre au moins un mois avant l'expiration du premier. Si vous vous envolez pour le Québec, vous devez, en plus, demander un Certificat d'acceptation du Québec (CAQ) à la Délégation générale du Québec (100 $, soit 64 €). Mais faites votre demande avant celle du visa étudiant, car le délai pour obtenir le CAQ est plus long.
Enfin, pour effectuer un stage au Canada, un permis de travail temporaire est obligatoire. Demandez-le au même service d'immigration. Coût : 150 $ (95€).
Le coût des études
Si la vie est globalement moins chère au Canada qu'en France et que les études y sont plus abordables qu'aux Etats-Unis, les droits d'inscription pour les étrangers restent assez élevés. Ils varient considérablement d'une province à l'autre, voire selon la discipline et l'année d'études. Les étudiants étrangers doivent en effet s'acquitter de droits majorés, à l'exception de ceux qui partent étudier au Québec. Le service culturel de l'ambassade estime le coût moyen d'une année d'études au Canada à 15 200 $, soit 10 500 € (7 100 $ de droits de scolarité + 8 100 $ de dépenses extra-universitaires).
Pour aller plus loin : consultez le dossier " Les adresses utiles pour partir, pays par pays ".
